Pentti Sammallahti, « Miniatures »

Musée de la Photographie Charles Nègre - 1 Place Pierre Gautier Nice

Du vendredi 18 septembre 2020 au dimanche 24 janvier 2021

La miniature est une peinture de petite dimension, dont le rendu précis fait appel au geste lent du moine copiste, courbé sur son ouvrage, tel un orfèvre du « minuscule ». C’est cette même finesse, cette même délicatesse, lente et irradiante, qui affleure la surface des photographies de Pentti Sammallahti.

Des vastes déserts de la mer blanche de Solovski en Russie, aux forêts denses d’Europe Centrale peuplées d’animaux improbables, et jusqu’aux confins du Monde, chaque image est une petite histoire, une fable, une légende qui dit en quelques mots qu’il suffit de voir pour que la beauté existe. Et, qu’il lance son regard de loin ou qu’il le pose de près,Sammallahti sait accorder à chaque détail, aussi ténu soit-il, un rôle prépondérant dans ses Miniatures, aussi essentiel qu’une note de musique dans une partition. Son regard creuse le visible de l’intérieur et fait remonter ces petites particules natives à la surface du monde, comme de la poussière de charbon, plus légère que l’air.


Pentti Sammallahti est né à Helsinki en 1950. Petit-fils d’une des premières femmes photographe en Finlande, Hilldur Larsson (1882-1952), il s’intéresse à la photographie dès l’âge de 9 ans, alors que son père l’emmène voir l’exposition itinérante « The Family of Man » présentée par Edward Steichen au Taidehalli à Helsinki, en 1959. Il commence à prendre ses premières photographies à l’âge de onze ans et rejoint Helsinki Camera Club. Il construit son propre agrandisseur et expérimente le développement, la prise de vue et le tirage. Il étudie l’Histoire de l’Art, la musicologie et les mathématiques. En 1970, il présente sa première exposition personnelle et commence, quatre ans plus tard, il devient enseignant à la Lahti Art School, puis à l’Ecole Supérieure des Arts et du Design, à Helsinki où il enseigne la photographie et l’impression. En 1991, bénéficiant d’une bourse d’État de quinze ans, il met fin à ses enseignements, fonde un atelier et multiplie ses expéditions photographiques dans divers pays d’Europe et d’Asie.

Arpentant d’immenses territoires, souvent reculés, et de vastes espaces vierges ou peu peuplés, il laisse libre cours à sa quête d’une lumière particulière ou d’un horizon insoupçonné́, usant du format panoramique, dont il est un des maîtres incontestés, de sa science des contrastes subtils et d’une palette exceptionnelle des tonalités du noir et blanc. Parfois qualifié de « Bruegel de l’art argentique », Pentti Sammallahti parvient, par son génie du paysage, à « substantialiser » l’hiver qui, sous son regard, semble plus matière que saison.