SOSNO SQUATTE L'ANTIQUE

Rédigé le 17/10/2020
Côte Culture


Du 17 octobre 2020 au 28 mars 2021, une exposition exceptionnelle de plus 70 œuvres de Sacha Sosno sur le site antique de Cemenelum et dans le Musée d'Archéologie de Nice / Cimiez

Artiste reconnu, peintre, photographe, sculpteur et théoricien de son propre cheminement artistique, Sacha SOSNO fait l'objet d'une grande exposition organisée par le Musée d'Archéologie de Nice Cimiez, sur le site antique de l'ancienne cité de Cemenelum. Plus de 70 œuvres sont présentées in situ, exposées parmi les vestiges romains (mis à jour durant les importantes fouilles archéologiques conduites de 1950 à 1969) et dans les salles du musée.

L’artiste serait-il un squatteur ? L’exposition « Sosno squatte l’Antique » présente la liaison entre l’art contemporain qui symbolise la création esthétique et l’art antique, source d’inspiration et représentation d'une mémoire collective. Cette exposition d'envergure présente, notamment, les variations et variantes de la technique de l'oblitération, dont Sacha SOSNO a été l'initiateur et dont le principe est « Cacher pour mieux voir » : Silhouettes figurées par le vide dans des panneaux d'acier rectangulaires de couleur, vides rectangulaires ou carrés dans des sculptures classiques, têtes carrées, personnages plats, assemblages... En squattant l’intégralité du musée et du site archéologique, l’exposition s’inscrit dans cette volonté d’oblitération, de cacher pour mieux montrer. Exposer Sosno pour mieux révéler la beauté de notre patrimoine culturel antique !

Cette exposition démontre aussi le lien étroit entre Sosno et l'archéologie et surtout, l'intemporalité et l'universalité de son œuvre.



Bertrand Roussel, Directeur des Musées d'Archéologie de la Ville de Nice souligne : « L’Antiquité est souvent considérée comme une période ancienne et poussiéreuse. Il paraît donc important de créer un dialogue entre cette époque et la modernité. Qui mieux qu’un artiste pour construire ces passerelles ? Sacha Sosno a beaucoup utilisé des figures antiques pour les oblitérer, dès lors, il nous a semblé indispensable de proposer un dialogue entre le site archéologique de Cimiez et les œuvres de Sacha Sosno. C’est pour cette raison que nous organisons cette rencontre entre l’antique Cemenelum et le grand artiste qu’est Sacha Sosno. »

Le Directeur du musée a choisi les œuvres présentées et leurs emplacements d'installation sur le site extérieur et à l'intérieur du musée avec Mascha Sosno, épouse de l'artiste disparu en 2013 : les grandes sculptures d'acier trouvent place parmi les vestiges. Poséidon, les Grands Torses et les Colonnes jouxtent les thermes antiques, tandis que d'autres Têtes carrées et Colonnes recadrent les perspectives, en leur prêtant leurs formes et en offrant de nouvelles visions du site antique de Cemenelum.
A l'intérieur du musée, réparties entre les deux étages, d'autres sculptures, de plus petite taille, sont exposées à côté des chefs-d'œuvre antiques du musée et proposent ainsi un panorama unique et complet de l'œuvre de SOSNO. Cette exposition, présentée par le Musée d'Archéologie de la Ville de Nice est donc l'occasion exceptionnelle de redécouvrir toute l'envergure créative du célèbre artiste, sous différentes formes d'expression, dans une réjouissante confrontation par-delà les siècles .


 Sosno au musée d'archéologie de Nice : Le temps des retrouvailles

Alexandre Joseph Sosnowsky, dit Sacha Sosno, est né en 1937 à Marseille d’un père originaire d’Estonie et d’une mère niçoise. Durant son adolescence, la famille de Sosno s’installe à Nice, plus précisément au Regina, à quelques pas du site archéologique de Cimiez ! Dans cette sublime résidence, qui fut l'hôtel de la reine Victoria, il rencontre Henri Matisse, qui n’est autre que son voisin. Surtout, tout près de là, il y a le jardin des Arènes de Cimiez qui devient son terrain de jeux. De là, il voit le site de l'antique cité de Cemenelum qui l'inspire déjà probablement, peut-être même sans qu'il s'en rende compte. Ces magnifiques vestiges d'arènes et de thermes, de rues et d'habitations sont certainement à l'origine de sa future démarche artistique et de ses créations à venir. Comment ne pas voir un lien entre ces vestiges qui laissent place à l'imagination, qui dévoilent partiellement la vérité, et les œuvres oblitérées de Sosno dont le principe est de cacher ou de ne révéler qu'une partie de la réalité pour mieux la dévoiler? Ce site d'une antique cité habitée, désormais devenue musée, Sosno ne cessera de s'en inspirer, disant que, pour lui, l’art et l’architecture ne font qu’un. A tel point qu'il utilisera la ville et l’urbanisme pour rendre l’art accessible à tous ! Notamment, en créant des sculptures habitées, comme la célèbre Tête Carrée, accueillant les bureaux de la bibliothèque régionale ou bien encore le Guetteur.

Sosno, l'archéologie et la figure antique: Une longue et intime histoire

Après des études aux Beaux-Arts de Paris, Sosno effectue son service militaire à Toulouse en 1962. Durant cette expérience, après son adolescence passée à côté du site archéologique de Nice Cimiez, il découvre cette fois le plus grand gisement de tombes gallo-romaines en France, en collaboration avec le CNRS, et termine son service militaire en tant qu’archéologue. Ensuite, cette passion pour l'Antiquité ne le quittera pas durant son parcours artistique. Par sa technique de l'oblitération, il représente des personnages emblématiques de l’Histoire pour amener à la reconstruction de notre mémoire collective (Apollon, Poséidon, Vénus, ou encore César, entre autres). Il y a aussi le motif de la colonne, qu'il utilisera à plusieurs reprises dans des versions oblitérées ou volontairement inachevées, pour apparaître tel un vestige de plus. Et pour la création de ses œuvres, Sosno aura souvent recours, tout comme les antiques artistes et artisans, au marbre et au bronze qu'il travaille à l'aide des techniques les plus modernes et qu'il associe régulièrement aux matériaux contemporains, comme l'aluminium et l'acier.

Sosno et son geste artistique emblématique : L'Oblitération

En 1967, à la suite de sa formation en filmographie à La Sorbonne, Sosno devient reporter de guerre au Bangladesh, en Irlande et au Biafra, où il côtoie la mort au quotidien. Jusqu’où l’horreur de la réalité peut- elle être montrée ? Comment faire réagir les citoyens du monde sur la vérité sans les choquer ? A son retour en France, il répond à ce questionnement par son geste artistique emblématique, l’oblitération : Cacher pour mieux montrer. Cacher l’horreur, cacher la mort, cacher la une partie du visible pour mieux dévoiler la vérité. Avec les premières photographies partiellement masquées, il oblitère ainsi notre vision et nous pousse à voir autrement, à stimuler notre imaginaire, à devenir co-créateurs de ses œuvres. Sosno transpose ensuite son concept d’oblitération dans la sculpture et l'architecture à travers le prisme de l'Antiquité. L'importance de sa démarche et de ses créations lui vaudront d'être représenté par les galeries Beaubourg, Marisa del Ré, Marlborough. Guy Pieters. De nombreuses expositions ont présenté ses œuvres aux Etats-Unis (à Miami, West Palm Beach, Sarasota et Tampa), au Centre Georges Pompidou, en Chine, à Monaco, à Nice... Il est également l'auteur de la fameuse « Tête carrée », première sculpture monumentale habitée (26 mètres de hauteur, Nice) et du « Guetteur » (20m de haut, Cagnes-sur-Mer).




Exposition « SOSNO SQUATTE L'ANTIQUE»
Du 17 octobre 2020 au 28 mars 2021 (sauf les mardis)
Musée d’Archéologie de Nice / Cimiez
160, avenue des arènes
06000 NICE
Téléphone : 04 93 81 59 57