Tempête Alex, la France refuse la machine offerte aux sinistrés qui transforme l'air en eau potable

Rédigé le 17/11/2020
Nice Matin


Le prince Albert était prêt à offrir une machine pour fournir de l’eau potable.
Un dispositif qu’il avait lui-même reçu en cadeau.
La France a décliné faute d’homologation.

Produire de l’eau potable grâce à l’humidité contenue dans l’air.
C’est la prouesse technologique accomplie par la société israélienne Watergen.
Une solution ô combien porteuse d’espoir dans un monde où plus de deux milliards de personnes n’ont toujours pas accès à ce droit fondamental.

Déployée dès 2017 en Inde, à New Delhi, la machine révolutionnaire de Watergen a depuis été implantée au Sierra Leone, en Colombie, au Vietnam, au Panama, ou encore utilisée lors de la Coupe du monde de football en Russie.

Après l’ouragan Irma en 2017 ou les gigantesques incendies en Californie fin 2018, le président israélo-géorgien de Watergen, Michael Mirilashvili, avaient également mis à disposition des secours et de la population cet antidote à la soif.

En 2019, à l’occasion d’un événement sur le thème de la lutte contre la pollution, organisé à l’Hôtel Hermitage par l’Université de Tel-Aviv, le prince Albert II s’était lui aussi vu offrir une telle machine.

En octobre dernier, Monaco avait été prompt à venir au chevet des vallées sinistrées par le passage de la tempête Alex.
Après avoir spontanément débloqué quatre millions d’euros pour venir en aide à la Vésubie, la Tinée et la Roya – y compris pour sa partie italienne, le souverain avait annoncé sa volonté de faire don de la Watergen actuellement installée dans la Cour des Petits quartiers au Palais princier (voir photo).
"Je pense qu’elle aura toute son utilité pour une commune qui n’a pas encore été identifiée, mais qui pourra en bénéficier."  C’était sans compter les barrières du normativisme à la française.

"J’EN SUIS NAVRÉ"
Au cours d’un entretien accordé à Monaco-Matin, en amont de la Fête nationale, le prince Albert II a fait état de sa déception après avoir, en vain, négocié avec les autorités françaises. "Ce procédé a été utilisé par les militaires de différents pays. En fonction du taux d’humidité dans l’air [30% minimum, ndlr], elle est capable de produire entre 200 et 900 litres d’eau potable par jour. Mon intention était de l’offrir aux communes des vallées sinistrées qui ont le plus besoin d’eau potable. Malheureusement, cette machine n’est pas agréée par les services compétents en France. Elle ne peut donc pas être mise à disposition. Nous avons eu une longue discussion avec la préfecture. Sans agrément ni certification, cette machine ne peut pas être déployée. J’en suis navré. Elle nous avait été offerte l’an dernier à la suite d’une conférence au One Monte-Carlo par un résident de la Principauté. J’aimerais bien pouvoir l’offrir, mais je ne le peux pas…"

Une frustration d’autant plus grande que dans la Roya, par exemple, des quartiers de Tende sont toujours privés d’eau potable.
Source: Nice Matin